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22/11/21

Lâcher prise, ou tenir bon ?

On entend de tout côté, ces dernières années, qu’il nous faut apprendre à lâcher prise. Mais comment savoir quoi lâcher, quoi tenir ?

Quelqu’un de célèbre ( je ne sais plus qui ! ) disait que la vie, c’est un juste équilibre entre tenir bon et lâcher prise… Je voudrais proposer une autre vision, inspirée de la pratique des arts martiaux.

En Taï Chi Chuan, mon maître m’a enseigné qu’il était dangereux de saisir son adversaire. Cela lui donne une information, un point d’ancrage qu’il peut utiliser à nos dépends. Il s’agit donc de rechercher le contact, car le Taï Chi est un art martial à courte distance, mais sans se « cramponner » à l’autre. On utilise le terme « sceller », ou « adhérer ». Alors, le fait de suivre les mouvements de l’autre n’est pas une activité passive, mais au contraire un choix délibéré qui permet de se positionner de manière avantageuse, tactiquement.

On ne tient donc pas l’autre, on le suit, volontairement. Il n’y a pas de « prise », et donc pas besoin de « lâcher prise ». Si l’autre cherche à nous emmener dans une direction trop dangereuse ou inconfortable pour nous, nous pouvons choisir de ne plus le suivre. C’est un choix en négatif, on arrête quelque chose.

Alors que quand on a saisit quelque chose, le lâcher nécessite une action. C’est le principe du piège pour attraper un singe : une noix de coco dans une jarre, attachée au sol. Le singe rentre la main dans la jarre, mais une fois qu’il a saisit la noix il ne peut plus passer dans l’orifice, trop petit. Il lui suffirait de lâcher la noix pour se libérer, mais il ne le fait pas. Sommes nous plus intelligent ? Pas toujours !

Ainsi je voudrais vous proposer cette posture, inspirée de ce principe. Plutôt que de vouloir « saisir » ce qui arrive, soyez à l’écoute, et suivez ce qui vous semble juste, sans vous y attacher, sans chercher à obtenir quelque chose. Accueillez ce qui est là. En restant dans le mouvement, toujours à s’adapter. Et si le changement qui intervient ne vous correspond plus, restez centré et laissez partir ce qui doit partir.

Ni lâcher, ni tenir, finalement, juste être.

Shifu

15/10/21

La charrette, le cheval et le cocher

Par CLAVELLOUX — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5639730

L’allégorie de la charrette, du cheval et du cocher illustre ce que certains appellent le « cerveau trisunique ».

C’est une théorie, qui ne correspond pas à une réalité anatomique, mais qui permet de comprendre le fonctionnement de notre cerveau. Cette description traditionnelle est validée par les neurosciences modernes.

La charrette, c’est notre corps, le physique.

Le cheval, ce sont nos émotions.

Et le cocher, notre mental « réfléchi ».

Quand tout va bien, le cheval tire la charrette, sous la surveillance tranquille du cocher.

Si celui ci devient trop rigide, autoritaire, cherchant à contrôler chaque mouvement du cheval, ne lui faisant pas confiance, celui ci va réagir, soit en se rebellant (émotions qui débordent, cheval qui se débat) soit en se censurant (plus d’émotions, le cheval n’avance plus).

Si c’est le cheval qui s’emporte en réagissant à son environnement par exemple, et que le cocher dort, c’est la charrette qui risque de souffrir (comportements à risques, excès entraînements par exemple ou excès d’agressivité lors d’un assaut).

Enfin la charrette, cette grande délaissée… Mal entretenue, tant que ça roule, on n’entend pas les grincements, les craquements. Mais le cocher fouette le cheval et ça avance quand même !

Voilà, pas de solution ou de technique toute faite, juste une manière de se regarder dans nos fonctionnements quotidiens qui permet de prendre un peu de distance.

Shifu

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